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L’iceberg Déchet

May 7, 2018

Un élément qui est revenu partout durant notre voyage fut les quantités massives de déchets: laissées sur le bord de la route, jetées dans d’immenses décharges, flottant dans l’océan ou brulées par des personnes. Il semble que ce ne soit pas un sujet à aborder lorsque l’on parle de voyage. Ce qu’on veut vous faire miroiter, c’est ces photos de plages de rêves si propres, ces monts magnifiques et ces paysages verdoyants. Cependant, ce n’est qu’une face de l’histoire.

 

Quelle quantité de déchets produisons nous?

Par an, dans le monde, nous produisons plus de 2 milliards de tonnes de déchets solides dit “municipaux” *. Ce chiffre inclut seulement les déchets produits par les ménages (sans les déchets industriels ou commerciaux ou ceux provenant de la construction et de la démolition). Si on inclut l’ensemble des ces différents types de déchets, le chiffre est évalué entre 7 et 10 milliards de tonnes par an**.

 

 

Nous ne parlons que des déchets solides municipaux, ce qui veut dire: les déchets organiques, le papier, le plastique, le textile, le métal, le verre etc… Néanmoins, il existe d’autres formes de déchets que nous ne mentionnons pas. Par exemple, les eaux usées résultant de la vie quotidienne comme tirer la chasse d’eau, nettoyer ses vêtements, lancer la machine à laver ou encore l’ensemble de l’eau utilisée dans les secteurs commerciaux et industriels. Une forme de déchet qui est trop souvent oubliée.

 

Pour mieux comprendre ce que sont les déchets solides municipaux, je vous propose de les étudier au niveau des pays que nous avons visité. Dans ce diagramme, vous pouvez voir combien de déchets sont produits par habitant chaque jour. Un français produit plus de trois fois plus de déchets qu’un citoyen bolivien.

 

Source: Waste Atlas, production de déchets solides municipaux par habitant.

 

Plus le revenu est élevé, plus la quantité de déchets produite est importante

Ceci montre déjà ce que les études ont confirmées. Il y a un lien entre la production de déchets par habitant et le niveau des revenus. Plus nous gagnons, plus nous produisons de déchets. A cela s’ajoute, une différence entre les zones urbaines et celles rurales. Les citadins produisent le double de déchets de ce que produisent les habitants ruraux. C’est assez inquiétant. Si nous ne changeons pas notre comportement, la production de déchet ne cessera d’augmenter...

 

Les vieilles habitudes sont difficiles à tuer

Ce que nous avons aussi put observer, durant notre voyage, sont que les changements économiques dans les pays en développement tels que la Bolivie, le Kirghizistan ou l’Indonésie, sont arrivés si vite qu’ils n’ont pas pu rattraper leur retard à temps. Souvent, ils souffrent de l’absence d’un système de gestion des déchets ou celui-ci est insuffisant. De plus, les habitudes des habitants n’ont pas ou peu changé alors que leur environnement a évolué. Prenons le plastique par exemple. De nos jours, tout est emballé dans du plastique. Si vous allez au marché en Indonésie, vous reviendrez avec de nombreux sacs plastiques de toutes tailles… Avant la nourriture était emballé dans des feuilles de bananier ou des matériaux biodégradable. Les gens pouvaient manger et jeter ces emballages. La Nature prenait en charge le reste parce que c’était biodégradable. Aujourd’hui, cette habitude n’a pas disparu à la différence que ce qu’ils jettent est en plastique et celui-ci ne se détruit pas seul (enfin pas avant des millions d’années…).

 

Pourquoi les déchets sont ils un problème?

L’enjeu des déchets débute avec l’absence de recyclage et de ramassage des déchets. Dans une situation idéale, tous les déchets seraient recyclables, au mieux de ce qui est possible de faire. Ils seraient également collectés et pris en charge d’une manière contrôlée, par exemple, dans une décharge officielle et légale, une usine de recyclage ou d’incinération. Cependant le taux de ramassage des déchets est toujours très bas et les décharges illicites sont la norme dans de nombreux pays.

 

L’effet immédiat de ces décharges illicites ou de ces feux illégaux sont multiples: la propagation de maladies comme la dengue ou le choléra, la pollution des eaux souterraines et celle des sols pour seulement en nommer quelques uns. Les communautés locales souffrent fortement des déchets quand ceux-ci ne sont pas vraiment pris en charge. Souvent, ils doivent recourir aux seules options qu’ils pensent possibles: brûler les déchets ou les laisser là, où ils sont. Malheureusement, cela émet des toxines dangereuses dans l’air.

 

 

Ce n’est cependant pas seulement les populations locales qui souffrent des effets des déchets. Les déchets non contrôlés produisent des gaz à effet de serre (GES) et ainsi, augmentent fortement leurs émissions. Les experts estiment qu’une gestion efficace des déchets pourrait entraîner une réduction des émissions de GES de 15 à 20%****.

 

La gestion des déchets est un enjeux global qui perturbe notre écosystème. Nos déchets se retrouvent dans la Nature et malmènent son équilibre. Un exemple est celui du plastique qui se retrouve dans l’océan et dans lequel il est ingurgité par les poissons. Soit les poissons meurent soit les hommes qui les pêchent les mangent à leur tour. De cette façon les substances toxiques sont absorbées par notre corps. Vous pouvez penser que ce problème ne vous concerne pas mais êtes vous certains de ne jamais avoir mangé un poisson provenant de l’océan qui n’avait pas lui même manger du plastique (même micro soit -il)?

 

Y a t’il une bonne nouvelle?

Je l’admets tout cela est assez sombre... mais il y a un bon côté à cet enjeu: vous pouvez agir aujourd’hui ! Le passé n’a pas à déterminer votre future. Nous sommes conscients qu’il y a bien un réel problème alors agissons! Je le confesse le rôle des gouvernements est essentiel. Les gouvernements, surtout dans les pays-en-développement doivent prendre leur responsabilité et commencer ou même améliorer le système de gestion des déchets mais également, approfondir leur effort de sensibilisation sur ce sujet. Cependant, cela ne signifie pas que nous ne pouvons rien faire à notre niveau.

 

 

 

Soit le changement aujourd’hui

En réalisant le portrait de FUNDARE, une organisation en Bolivie sensibilisant au recyclage les écoles, les entreprises et le gouvernement, nous avons appris une règle simple: réduire, réutiliser et recycler. Vivez votre vie en fonction des ces principes et vous avez déjà fait beaucoup! Saviez vous qu’en France, le taux de recyclage est seulement de 21%?***** Nous avons une marge d’amélioration...

 

 

Si vous recherchez des astuces plus concrètes sur comment changer votre comportement ou si vous avez l’envie d’être inspiré, regardez ces liens et restez connecter pour nos prochaines vidéos sur l’enjeu des déchets et sa gestion!

 

  • La famille Zéro déchet:Une famille qui a décidé d’une vie plus respectueuse de l’environnement et de réduire leur production de déchets au maximum.

  • Bea, une française qui a adopté la façon de vivre zéro-déchets et ses astuces.

  • Day by day: des magasins d’alimentation sans emballage  

  • Zero waste France: Une association qui informe sur les enjeux liés aux déchets, qui intevrient auprès des décideurs politiques pour faire avancer les lois et qui aident tous les acteurs à mettre en place des projets zéro-déchets.

 

 

 

 


 

* Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), 2015, Global Waste Management Outlook, p. 52.

** PNUE, (2015). Global Waste Management Outlook, p. 54.

*** Banque Mondiale, 2012, What A Waste. A Global Review of Solid Waste Management, p. 8.

**** PNUE, 2015,. Global Waste Management Outlook, p.8.

***** Waste Atlas, website, criteria “Recycling Rate”.

 

 

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