ou les rencontres
en chemin

Les jardins de Guinot – quand l’envie de partage est plus forte qu’une obéissance tranquille

July 23, 2018

 

Imaginez le béton des trottoirs, la grisade des pavés, l’alignement d’habitations, les unes après les autres. Puis au détour d’une ruelle, imaginez un portail dont la couleur bleue attire l’œil et le regard se laisse happer par la fenêtre qui s’ouvre sur un petit coin de verdure.

 

Bienvenus aux jardins de Guinot

 

Avant d’être un petit havre de paix comme le décrivent ces adhérents, les jardins de Guinot furent un terrain laissé à l’abandon. Il y a plus de cinq ans, un groupe d’incorrigibles voisins ont décidé de retrousser les manches, de déblayer cet espace et de le réaménager pour lui offrir une seconde vie.

 

A l’origine de cette métamorphose, une envie de partage, de créer du lien entre les habitants et de se reconnecter à la terre. Une association « La bande à Guinot » gère cet espace communautaire. Pour une adhésion annuelle de sept euros, les portes du jardin deviennent celles que vous traversez à chaque fois que vous avez une envie de lecture sur un transat, d’expérimenter dans des bacs ou dans des parcelles, vos rangs de radis, de rosemarin, de courge ou de sauge. Ce lieu bucolique est aussi un cadre convivial pour que vos ados papotent dans un canapé, se défoulent autours d’un match de baby-foot, refassent le monde les mains dans la terre avec le savoir des anciens et l’appétence d’apprendre des plus petits.

 

La condition de base à l’entrée dans ces lieux est formulée simplement : laisser la porte ouverte, pour que tous, habitants de Saint-Ouen ou visiteur d’une journée, adhérents ou non, puissent profiter des jardins.

 

Un leitmotiv : la rencontre et le partage

 

Des valeurs qui deviennent actions.

 

                             Des habitants qui s’impliquent.

 

Des rires d’enfants, le chant des oiseaux, le vert glorifié.

 

De l’esprit des jardins, une idée revient sans cesse dans les différentes discussions que j’ai eu avec les adhérents de la bande à Guinot : favoriser l’échange et le savoir. Cultiver un jardin devient un moyen de se reconnecter aux rythmes des saisons, de ralentir notre notion du temps pour se concentrer sur l’instant, de revenir aux fondamentaux en toute simplicité. Cultiver un jardin devient aussi un prétexte pour cultiver l’esprit, pour faire et partager entre générations, pour découvrir autrement. On répond aux pulsions d’expérimentation que celles-ci soient celles de cultiver son petit lopin de terre ou qu’elles soient celles de repenser ensemble ce qu’une communauté peut être. Finalement, essayer en collectif, en s’appuyant sur la richesse de chaque membre du groupe pour construire jour après jour un lieu bienveillant.

 

On repart des jardins en ayant nous-mêmes vécu une transformation. On se sent plus paisible. Les yeux sont rassasiés de couleurs. Le cœur sourit aux rencontres faites, aux discussions échangées, aux petites graines qui ont été semées à droite et à gauche et qui germeront à point nommé.

 

 

 

 

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