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Chuñawi et HSF : rendre accessible l’eau

November 27, 2017

 

 

6h30 du matin, le taxi tente de me déposer en vain aux abords de la gare routière de Cochabamba. Les derniers mètres se feront à pieds. Même à cette heure matinale, les embouteillages ont déjà envahi la ville.

 

Le cœur est lourd. Je viens de quitter la famille de Magui et d’Edmundo, leurs enfants, Dany, Mauricio, Gabriela et leur petit fils Javier, qui m’ont accueilli pendant deux mois et m’ont apporté la chaleur d’une famille proche, aimante et tendre, à des milliers de kilomètres des miens.

 

Arrivée au guichet à 6h55, j’apprends que le prochain bus pour La Paz est à 7h. J’achète mon billet, file à l’extérieur : quai n°8. Cinq minutes plus tard, je fais mes adieux à Cochabamba et débute un trajet de sept heures pour rejoindre la capitale et revoir, Nadège, Yves, leurs deux enfants, Camille (5 ans) et Louis (3 ans).

 

Cette joyeuse famille de français, rencontrée à l’école Carmen Vega, est au milieu de leur périple de six mois en Amérique Latine. Yves, membre de l’Association Hydraulique Sans Frontière (HSF) a débuté une mission de bénévolat, depuis trois semaines, à Chuñawi : petit village d’agriculteurs aymaras situé sur l’Altiplano bolivien entre le lac Titicaca et La Paz. L’objectif est de connecter cinq sources d’eau potable au réseau pour répondre aux besoins des habitants.

 

Ce petit quelque chose de magique

Je ne suis restée que sept jours à Chuñawi, en compagnie d’Yves, Nadège, leurs enfants et notre famille d’accueil sur place, Jaime, Marie-Sol et leur trois enfants… Mais, la bonté, la bienveillance, l’hospitalité chaleureuse de nos hôtes, les longues discussions avec Nadège, les jeux avec Camille et Louis, la présence silencieuse mais sereine du vieux lama dans la cours, l’effort de la récolte de pommes de terre avec l’ensemble de la famille de Marie-Sol, le suivis du projet d’HSF, les pluies sans fin qui rendaient les nuits glaciales…  Encore aujourd'hui, ces petits moments du quotidien ont conservé toute leur vivacité.

 

De ce séjour, je garde la simplicité des instants partagés, la douceur des échanges, la beauté de Nadège, Yves, Camille, Louis, Marie-Sol, Jaime et leurs enfants.

 

Un enjeu national : le manque d’eau

Cette semaine passée là-haut, à plus de 4100 m d’altitude, m’a permis aussi d’appréhender un peu plus l’enjeu du manque d’eau en Bolivie et plus particulièrement dans la Cordillère Real.

 

2016 fut marquée par la sécheresse la plus forte des vingt-cinq dernières années. De pénurie en pénurie, toutes les grandes villes du pays ont été touchées et subirent des coupures et des rationnements en eau pendant plusieurs semaines. Des centaines de milliers d’hectares agricoles furent perdus, des centaines de milliers de familles, en ville et à la campagne, furent touchées, des centaines de milliers de troupeaux furent atteints…

 

Malgré la force de cette sécheresse, 2016 ne fut pas une année singulière mais, la continuité d’un phénomène accentué par les effets du changement climatique. Les périodes de pluie, initialement entre Décembre et fin Février, se décalent dans le temps et se font, souvent, plus courtes. Ce retard entraine une discordance avec les cycles des cultures qui manquent d’eau quand elles sont semées et en ont beaucoup trop, au moment des récoltes.

 

Une pression sur l’eau, une solution locale, une solidarité internationale

Pour tenter de répondre à cet enjeu, l’association Hydraulique Sans Frontière collabore depuis plusieurs années avec le village de Chuñawi. En période de sécheresse, quatre à cinq mois, la seule source d’eau potable du village devient très vite insuffisante pour répondre à la demande des habitants. Dès le matin, des coupures générales d’eau sont fréquentes. La hausse de la population, les demandes croissantes en irrigation, le faible débit d’étiage combinés à la fonte des glaciers et à une plus faible saison des pluies, sont les origines de cette pénurie en eau. HSF travaille, depuis 2014, sur des solutions pour y palier. 

 

Une étude a permis d’identifier cinq nouvelles sources d’eau potable et les travaux de captage des eaux de source ont débuté en mars 2017. Pour la suite, la connexion de ces sources au réseau de distribution est envisagée avec un traitement des eaux usées. Plus tard, HSF souhaiterait construire une retenue d’eau, afin de faciliter l’accès à l’eau notamment, pour l’irrigation des parcelles agricoles.

 

De belles avancées ont été réalisées ces dernières années et bientôt, l’enfouissement des canalisations va débuter. HSF et Chuñawi continuent d’inventer ensemble des solutions à un enjeu qui gagnera en ampleur ces prochaines années.

 

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