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Renforcer la capacité d’action des agriculteurs

October 27, 2017

 

 

Comment un projet de gestion de l’eau au sud du Kirghizistan s’est transformé en un projet tendant vers l’élaboration d’une législation.

 

Arrivées un jour de pluie à Osh, la seconde ville du pays, Jyldyz Abdyllaeva nous accueille chaleureusement dans les bureaux d’HELVETAS, une organisation suisse de coopération internationale. Après nous avoir offert un thé, une coutume traditionnelle du Kirghizistan, Jyldyz nous a conté l’histoire du projet de longue date «SEP» sur l’utilisation efficace de l’eau. Celui-ci a débuté lors d’un chaud et sec été en 2008, quand les agriculteurs ont manqué d’eau pour leurs cultures. Jyldiz nous explique qu’HELVETAS a vu la nécessité de trouver une solution à ce problème et a lancé ce projet dans la région de Jalal-Abad, au sud du Kirghizistan. Jyldiz est à la tête du projet SEP depuis le commencement. Elle l’a vu évoluer.

 

Quels furent les objectifs initiaux du projet SEP?

Notre objectif de base fut d’enseigner aux agriculteurs les nouvelles techniques d’économie d’eau, surtout en juillet et en août quand la demande est très élevée. Nous avons réalisé de nombreuses formations en groupe afin de présenter ces pratiques. Les résultats de nos enquêtes ont montré une réduction de l’usage de l’eau et une hausse des pratiques permettant d’économiser l’eau. Les nouvelles techniques ont fonctionné ! Cependant, seulement 5% des agriculteurs appliquait ces pratiques. Nous devions mettre en place des mesures plus efficaces afin de faire changer leur comportement. Pour cela, nous avons réalisé des clips vidéo et les avons diffusés à la télévision nationale. Aujourd'hui, ils sont toujours programmés.

 

Cette approche fut une réussite?

Oui, elle a très bien fonctionné. Mais au même moment, nous avions pris conscience qu’il y avait de nombreux autres enjeux auxquels nous devions faire face. Nous avons alors commencé à travailler avec les associations d’usagers de l’eau (les WUAs). Ces associations rassemblent les usagers d’une même région. Au cours de nos discussions avec eux, de nouvelles problématiques furent mises en lumière. Accroître la prise de conscience parmi les agriculteurs n’était plus suffisant.

 

 Crédit: toutes les photos sont prises par Helvetas Kirghizistan     

Quels types de problèmes furent soulignés?

De nombreux enjeux liés aux législations. Laissez-moi vous donner un exemple. Les WUAs n’ont aucun pouvoir de sanction. Si une personne endommage un de leur système d’irrigation, les WUAs ne peuvent rien faire. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas de droit de propriété sur ces systèmes. Ce type d’exemples fut la raison pour laquelle nous avons décidé de changer l’objectif du projet durant la phase II.

 

Nous avons analysé ces problématiques, réalisé des évaluations et défini un plan d’action. Dans l’exemple cité, nous avons travaillé avec des consultants juridiques et analysé les législations actuelles pour déterminer quelle loi nécessitait une évolution afin de répondre aux besoins des WUAs.

 

Qu’avez-vous fait de ces recommandations?

Nous les avons transmises aux WUAs et à la municipalité afin qu’ils décident des actions à mettre en place. Nous pouvons leur fournir les outils et leur transmettre les capacités à prendre des décisions mais nous ne pouvons pas le faire à leur place. De plus, les résultats dépendent souvent des êtres humains impliqués. Si les WUAs et les municipalités s’entendent bien, ils trouvent rapidement une solution. Mais si l’alchimie est absente, ils n’arrivent pas à coopérer et ça peut être difficile.

 

Nous travaillons avec 18 WUAs dans trois régions et nous observons de nombreuses différences dans la façon de gérer ces difficultés. Premièrement, les problèmes varient fortement en fonction de leur localisation géographique. Dans les zones montagneuses, ils font face à d’autres enjeux que ceux situés dans les plaines. Secondement, la gestion est très différente selon leur culture et leur relationnel avec la municipalité.

 

Quelles sont les prochaines étapes du projet SEP?

Dans la troisième période, nous aimerions travailler plus en collaboration avec le gouvernement. Nous souhaitons modifier la législation à trois niveaux (au niveau municipal, régional et national) afin de favoriser les WUAs et les agriculteurs. Nous souhaitons agir en tant qu’intermédiaire, conseiller et renforcer la connaissance de ces deux types d’acteurs. Les agriculteurs dépendent principalement de deux ressources que sont les terres et l’accès à l’eau. Il est essentiel que les fondements législatifs relatifs à ces deux ressources puissent répondre à leurs besoins.

 Intéressé par le sujet des Associations d'usagers de l'eau (WUAs) au Kirghizistan? Voici une vidéo pour plus de détails sur leur rôle et comment ils opèrent. 

 

 

 

 

 

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